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Une entrée discrète, sur la route de Dompierre. Au bout du chemin, qui mène à l'aire d'accueil de Sainte-Anne, le gardien s'affaire et surveille un brûlot où se consument quelques déchets. Un panache de fumée noire monte vers le ciel. Quelques minutes plus tard, la police arrive. « Les riverains les ont appelés », commente sobrement le gardien, Gabriel Petrequin, étouffant les dernières volutes à leur demande.
Une scène ordinaire pour les quelques familles qui séjournent ici. En ce moment, elles ne sont pas nombreuses. Seuls trois emplacements, sur dix, sont pris. Cela tombe bien, il n'y a que trois toilettes. Et l'on arrive au coeur du sujet. « Vous croyez que c'est aux normes, vous ? », interroge Paolo Dobert en désignant ces WC blancs et bleus, près desquels s'entassent deux frigos à l'air libre.
« Quatre étoiles à Rennes »
Le problème, c'est que cette aire d'accueil est « à l'ancienne ». Beaucoup de villes ont aménagé ou réaménagé leurs terrains. Ce n'est pas encore le cas à La Roche-sur-Yon (lire ci-dessous). Mais ça l'est à « Paris, Le Mans, Laval ». Mondura Adan décerne même un « quatre étoiles à celle de Rennes ».
Que proposent ces aires en plus ? « Un local couvert pour chaque emplacement avec un lavabo, des toilettes, des douches, un endroit pour mettre une machine à laver », égrène Nadia Dahem. Ici, rien de tout ça. Les conditions sont précaires. « C'est la misère », lâche même Paolo Dobert.
Pas d'eau chaude, pas de douche, pas de local couvert, ni de lampadaire. « Dès que la nuit tombe, il n'y a plus aucune lumière », observe le gardien. Au sol, le terrain est inégal. Défoncé par endroits, l'enrobé laisse surgir les mauvaises herbes. Mais la situation devrait changer. L'extension et la réfection de l'aire sont annoncées pour la fin de l'année. « On vient ici depuis quatre ans et on nous dit toujours ça. Alors on attend de voir », commente Mondura Adan.
« On paie 2 € par jour »
À quelques kilomètres de là, l'aire d'accueil du Poiré-sur-Vie est beaucoup plus moderne. Pourquoi, alors, venir à Sainte-Anne ? « Ici, on paie 2 € par jour et par emplacement. Là-bas, c'est beaucoup plus cher. C'est séparé, il faut payer l'eau, le courant et l'emplacement, et puis il y a la caution aussi », regrette Nadia Dahem. Par contre, elle apprécie l'emplacement du terrain yonnais. L'arrêt de bus n'est pas loin, les magasins non plus.
Question cohabitation, comment se déroule la vie au jour le jour au sein du camp ? « Y'a aucun problème », assure Gabriel Petrequin, présent six jours sur sept. Mais le gardien chargé de l'entretien, du nettoyage et de l'encaissement regrette le comportement de certaines personnes extérieures au camp : « Des gens déposent des choses à l'entrée. L'autre jour, c'était de l'herbe qui venait d'être coupée. Parfois de la ferraille. Récemment, j'en ai surpris un qui arrivait avec une remorque. » La nouvelle aire devrait résoudre ces problèmes. En tout cas, tous l'attendent avec impatience.
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